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Sursis pour l'ex-patron d'un équipementier auto liquidé
information fournie par Boursorama avec AFP 18/03/2026 à 17:31

L'ancien patron d'un équipementier automobile jurassien, poursuivi pour avoir siphonné quelque 9 millions d'euros dans la trésorerie de l'entreprise liquidée en 2021, a été condamné mercredi à Nancy à 30 mois de prison avec sursis, un soulagement pour certains salariés laissés sur le carreau.

Gianpiero Colla, 64 ans, ex-dirigeant de la fonderie automobile MBF Aluminium à Saint-Claude (Jura), qui comptait près de 300 salariés, a été reconnu coupable "d'abus de biens sociaux" et de "présentation de comptes annuels inexacts".

Il a également été condamné à une amende de 100.000 euros de la part de la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Nancy.

Ces peines sont inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait réclamé trois ans de prison avec sursis et 300.000 euros d'amende.

L'ex-dirigeant, de nationalité italienne, se voit aussi interdit définitivement de gérer une entreprise en France, une mesure qui lui a déjà été infligée par la justice de son pays en 2006, pour dix ans.

"Le tribunal a démontré que c'étaient les dirigeants qui ont fait couler la boîte, pas les salariés! Il n'a pas mis un centime dans MBF mais il s'est servi dans la caisse. Je suis ému parce qu'on a gagné", s'est félicité un ex-salarié, Pascal Bernot, à la sortie du tribunal.

L'épouse de M. Colla a de son côté été condamnée à un an de prison avec sursis, alors que le parquet avait réclamé 18 mois.

Entendue durant l'enquête, elle avait déclaré ne pas être au courant des opérations financières, alors qu'elle présidait l'entreprise. Selon elle, son mari était "gérant de fait" de la société.

Au moment de la liquidation judiciaire, des représentants du personnel avaient alerté sur des suspicions de malversations de la part des dirigeants.

Il était reproché au couple de gérants d'avoir prélevé 9 millions d'euros dans la trésorerie de l'entreprise, de 2014 à 2021, au profit d'une holding britannique détenue par le prévenu, allant jusqu'à mettre en péril la société jurassienne.

Lors de l'audience mardi, le procureur a regretté que M. Colla, qui avait repris la société en 2012, ne lui ait pas apporté "un centime" jusqu'à sa liquidation en 2021, alors même qu'il avait promis d'injecter 4 millions d'euros.

L'avocat des époux Colla, Richard Koplewicz, a annoncé son intention de faire appel: "les débats ont confirmé ce que nous disons depuis le premier jour: il n'y a eu aucun enrichissement personnel dissimulé. Mes clients n'ont pas détourné d'argent".

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